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Filière bois : les scieries peinent à recruter


C’est une première pour la région. Lundi 9 septembre dernier, ils étaient sept à faire leur rentrée à l’école technique du Bois de Cormaranche-en-Bugey. 4 mois durant, ils suivront une formation pour adultes aux métiers de la scierie. L’objectif ? Combler les difficultés de recrutement des scieries de la région. Les porteurs du projet ? Les interprofessions du bois, le Pôle Emploi, et les financeurs institutionnels. Rencontre avec Valérie Chevallon, Directrice de la Fédération Interprofessionnelle du Bois de l’Ain.

Comment ont été recrutés les 7 stagiaires ?



Ils ont été recrutés sur un territoire assez large : Ain, Isère, Drôme, Ardèche… On travaille avec un réseau d’entreprises qui cherchent à embaucher, ce sont elles qui les ont recrutés. On a organisé des visites d’entreprises, des informations collectives avec le Pôle Emploi, des entretiens d’embauches, nous avons mis en contact les entreprises avec les demandeurs d’emploi, et lorsque ça convenait, ils ont fait des stages en entreprise pour vraiment confirmer leur projet, que ce soit les entreprises ou les stagiaires. Il n’y a pas de contrat pour l’instant mais l’objectif de la formation est de déboucher sur une embauche. Disons que c’est une formation préalable à l’embauche.



Il existe un réel besoin de recrutement dans les métiers du bois ?



Oui. En Auvergne-Rhône-Alpes, les plus grosses scieries se trouvent dans le Haut-Bugey, donc le potentiel de recrutement est fort. Dans l’Ain, lors de notre dernière enquête, 40 postes étaient à pourvoir aussitôt dans les métiers de la scierie, et pourtant toutes les entreprises n’avaient pas répondu.



Comment expliquer de telles difficultés à recruter ?



D’abord, nous sommes sur une zone avec un taux de chômage relativement faible. Ensuite, ce sont des métiers peu connus. Quand ils le sont, ils n’ont pas toujours une bonne image. On imagine la scierie comme quelque chose d’un peu désuet, alors que les scieries, sont certes très différentes les unes des autres mais nous sommes sur un métier industrialisé avec une forte automatisation des tâches. C’est bien moins physique qu’avant, et certains postes ne le sont même pas du tout. C’est donc ouvert à tous les publics, notamment féminin. Il faut vraiment changer l’image de la scierie, il faut qu’elles ouvrent leurs portes, qu’elles expliquent ce qu’elles font.



« 7 personnes formées, ça ne va pas régler le problème »



Hormis les scieries, quels sont les secteurs et les métiers du bois ? C’est vaste ! Les plus représentés sont les métiers de la construction avec par exemple la menuiserie, l’ébénisterie, la charpente… Pour l’exploitation forestière il y a le bucheronnage, mais aussi des métiers plus confidentiels comme les tourneurs sur bois. Il y a aussi de l’emballage, en palettes ou industriel. L’ameublement dans l’Ain est plutôt en perte de vitesse.



Une seconde promotion est-elle prévue ?



C’est la première, on aimerait bien la renouveler. On sait que les entreprises recherchent constamment. 7 personnes formées, ça ne va pas régler le problème. Notre difficulté, c’est d’identifier les candidats. Si des personnes s’intéressent à ce genre de métiers ou veulent tout simplement découvrir, il ne faut pas hésiter à nous contacter. Mais aussi pour des emplois car des scieries embauchent en direct avec une formation en interne. Nous avons des emplois sur tous les secteurs, bien que les scieries soient principalement sur le plateau de Hauteville, dans le Haut-Bugey, le bassin bellegardien, sur Bourg-en-Bresse et la Bresse.



La chasse aux idées reçues



Le bois brûle, donc les constructions bois sont plus soumises aux risques d'incendie.



FAUX. Le bois est en effet un bon combustible cependant, il transmet la chaleur 10 fois moins vite que le béton et 250 fois moins vite que l'acier, sa combustion est donc lente et prévisible. Ainsi le bois en structure garde ses propriétés mécaniques alors que l'acier fond. D’autant plus que le bois émet peu de gaz toxiques lors de sa combustion, sachant que lors d'un incendie c'est bien l'intoxication par les fumées qui cause des décès.



Utiliser du bois c'est participer à la déforestation.



FAUX. Utiliser du bois, c'est participer au stockage du carbone et favoriser une filière qui est bénéfique pour l'environnement. Les milieux forestiers sont très riches en biodiversité avec des sols particulièrement vivants et protégés. La gestion forestière participe au maintien de cette biodiversité et est faite de façon à assurer un renouvellement de la forêt. La filière bois n'a en effet aucun intérêt à épuiser sa ressource forestière. Il n'y a donc pas de déforestation en France. Au contraire la surface de forêt française a doublé depuis 2 siècles et ne cesse de s’agrandir car on ne prélève que 60% de son accroissement naturel. Utiliser du bois local c'est donc encourager le maintien des forêts françaises.



Une maison en bois, c'est moins résistant.



FAUX. Le bois présente une grande résistance mécanique, et une grande durabilité. On retrouve de nombreux bâtiments en bois dans le monde qui ont traversé les siècles. À poids égal, le bois est plus résistant que le béton ou l’acier. Concernant les champignons et les insectes, on peut choisir des bois naturellement durables, ou alors traités. Exit, l'histoire des 3 petits cochons ! 



Le saviez-vous ?



Le rôle du scieur est de transformer des bois ronds en bois sciés. Il doit alors minimiser les pertes de matière et valoriser au mieux les différentes qualités du bois. Les étapes sont donc nombreuses au cours desquels il évalue la matière disponible et détermine les découpes et débits les plus appropriés. Avec une couverture forestière de 36 %, 400 scieries exercent en Auvergne-Rhône-Alpes.


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